Les habitats des animaux de Sologne

Au premier et au deuxième étage du musée, le Muséum d'Orléans a reconstitué les différents habitats que l'on peut trouver en Sologne. Ceci est réalisé au sein de plusieurs espaces mettant en scène les animaux qui occupent ces milieux : étang, forêt de feuillus et pinède, bords de Loire ou encore espaces agricoles.

La Sologne est une plaine faiblement inclinée d'est en ouest, délimitée par la Loire moyenne au nord et par la vallée du Cher au sud. Elle s'étend sur près de 500 000 hectares, couvrant les départements du Loiret et du Loir-et-Cher, et une partie du Cher.

Le territoire de la Sologne, ses animaux et ses différents habitats sont inscrits au réseau Natura 2000 (réseau écologique européen qui vise à préserver les espèces et les habitats menacés et/ou remarquables sur le territoire européen).

Les étangs, rivières et tourbières de Sologne

Étang de Sologne

La Sologne est classée "zone humide d'importance internationale". Les nombreux étangs (plus de 3 000) et leur réseau de petites rivières sont des lieux de passage et de reproduction pour de nombreux oiseaux migrateurs.

La flore des étangs de Sologne est vaste : le nénuphar jaune, le nymphéa à grosses fleurs blanches, l'utriculaire jaune vif carnivore (espèce protégée à l'échelle régionale), l'iris des marais (fleur qui a inspiré le blason des rois de France), le roseau des étangs et ses quenouilles, le roseau commun et ses plumeaux, la châtaigne d'eau (espèce peu fréquente des mares et des étangs), les joncs fleuris (assez rares eux aussi), les lentilles d'eau, le rubanier d'eau, etc. Aux abords de certains étangs, les aulnes glutineux, les frênes communs, les saules, les bouleaux pubescents et les trembles ont les pieds dans l'eau de façon plus ou moins constante.

Les rivières de Sologne constituent un vaste réseau où croissent des plantes remarquables (comme l'osmonde royale, espèce protégée à l'échelle régionale).

Les tourbières acides sont des zones presque constamment inondées ou gorgées d'eau, où la matière organique non décomposée (en raison du manque d'oxygène) s'accumule et se tasse au fil du temps. Les tourbières de Sologne sont envahies par les sphaignes qui se développent sous la forme de tapis et de coussins de surface et de couleurs variées. Ces tourbières abritent aussi des plantes d'exception comme la linaigrette ou herbe à coton (espèce protégée au niveau régional), les droséras (espèces protégées à l'échelle nationale, plantes carnivores à piège actif), la grassette du Portugal (espèce protégée à l'échelle régionale, plante carnivore à piège passif), la bruyère à quatre angles ou bruyère des marais, la gentiane pneumonanthe ou gentiane des marais, etc. Dans les prairies inondables, de nombreuses espèces d'orchidées sauvages s'épanouissent à la fin du printemps.

Cette végétation foisonnante constitue un milieu de vie propice à l'installation et à la reproduction des oiseaux d'eau (canards, grèbes, mouettes, hérons, guifettes, rapaces, etc). De nombreux mammifères occupent à l'année les berges des étangs et des rivières (ragondin, rat musqué) ou viennent régulièrement s'y abreuver (cervidés, sanglier, renard, blaireau). Les larves (libellules, phryganes, tritons, etc.) ou encore les insectes aquatiques (dytiques, nèpes, etc.) abondent en queue d'étang. Les rivières et les étangs solognots constituent également un habitat de choix pour une faune très vaste de poissons, amphibiens et crustacés.

Les forêts de Sologne

Forêt de Sologne au Muséum

Actuellement, la forêt recouvre presque les trois quarts de l'espace solognot. La majorité des zones est maintenant reboisée systématiquement par des résineux : pins sylvestres, pins laricio, pins maritimes, pins noirs d'Autriche, sapins de Douglas. Cette pinède n'offre cependant pas un milieu de vie très favorable aux animaux, contrairement aux forêts de feuillus qui accueillent une faune variée. Le type forestier le plus caractéristique de la Sologne est la chênaie-charmaie, mais cette forêt originelle se raréfie. Les chènes pédonculés se mêlent aussi à de nombreuses autres espèces (châtaigniers, bouleaux, érables, hêtres, trembles, frênes, noisetiers, etc.).
Les fruitiers sauvages (poiriers, pommiers, alisiers blancs, merisiers, etc.) se distinguent nettement au printemps, grâce à leur floraison.
Les champignons (cèpe de Bordeaux, girolle, trompette de la mort, etc.) se déclinent en Sologne en une multitude de formes et de couleurs.
De nombreuses espèces de plantes à fleurs émaillent les sous-bois dès le retour du printemps : violettes, primevères (dont le coucou), anémone sylvestre (espèce protégée à l'échelle nationale), stellaire holostée, pervenches, euphorbes, jacinthe des bois (espèce protégée à l'échelle départementale), etc. Les fougères s'y développent aussi de manière remarquable.

Dans les forêts, les grands mammifères ainsi que les petits carnivores prospèrent malgré une chasse intense. De nombreux oiseaux y trouvent refuge, notamment les grands rapaces et les pics.
La réserve de chasse de Chambord est le plus grand parc clos d'Europe. Des observatoires ouverts au public permettent d'observer les grands cervidés en liberté, notamment à la mi-septembre au moment du brame du cerf.

Les landes de Sologne

Les landes correspondent à un milieu dégradé qui apparaît après un épisode de surexploitation forestière ou après un abandon des cultures. Après avoir été mis à nu, le sol, fragile de par sa nature sableuse, a été lessivé par les eaux de pluie qui ont entraîné en profondeur les éléments nutritifs, laissant en surface une terre grisâtre, pauvre et acide. Il s'y développe une végétation spécifique (acidophile) où se mêlent les bruyères (dont la bruyère à balais ou brémailles, utilisée depuis longtemps en Sologne pour la confection des balais), les genêts, les ajoncs, le millepertuis officinal, les hélianthèmes, les lobélies, les bugles, la jasione des montagnes, le réséda, les sablines (certaines sont protégées à l'échelle régionale), la molinie bleue, etc. Les bouleaux verruqueux assurent un reboisement naturel.

De très nombreux insectes et reptiles (couleuvres, vipères, lézards, etc.) prolifèrent dans les landes solognotes et beaucoup d'oiseaux y trouvent de quoi se nourrir et se reproduire (passereaux, alouette lulu (oiseau protégé), engoulevent, faucon crécerelle (oiseau protégé), etc.). Certains mammifères s'y dissimulent durant la journée : renard, sanglier, sans oublier les lapins de garenne.

Les espaces agricoles de Sologne

Les espaces agricoles de Sologne

Jusqu'au milieu du XXè siècle, chaque petite ferme possède quelques animaux de basse-cour (poules, coqs, pigeons, oies, dindes), quelques vaches ou quelques chèvres, et, souvent, un troupeau de moutons. De nos jours, le mouton solognot est devenu très rare : de 300 000 têtes, il est passé à 3 000 brebis en France. On essaie cependant de le réintroduire en quelques endroits pour entretenir les prairies alluviales.

Les abords boisés des fermes et des champs sont fréquentés par de très nombreux oiseaux : la corneille noire et la pie, les chouettes, les hiboux, le pigeon ramier et d'innombrables passereaux.

Des fleurs multicolores émaillent aussi les bord des chemins, les prairies de fauche et les haies ; elles attirent de très nombreux insectes qui nourrissent à leur tour de nombreux oiseaux et certains mammifères. Malheureusement, les prairies disparaissent et de nombreuses plantes sont menacées, telle la superbe fritillaire pintade (espèce protégée à l'échelle régionale).

La chasse rapportant plus et plus vite, l'agriculture, comme la sylviculture, sont reléguées de nos jours au second plan. Les champs d'agrainage sont destinés à maintenir la présence du petit gibier : perdrix, faisans, lièvres. Si le vanneau huppé fréquente encore les champs, ses effectifs en France ont toutefois diminué de 50% en 20 ans du fait de l'assèchement des zones humides. De nombreuses autres espèces d'oiseaux, autrefois très courantes, ne nichent plus en Sologne : la bécassine des marais et le râle des genêts (tous les deux en danger d'extinction), le courlis cendré (espèce vulnérable), la caille des blés (espèce protégée).
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Dernière mise à jour : 30/09/2015
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